Jazoo Project - Roses and Roots
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Titres en écoute :

01 - Roots Routes
02 - Autour de la tour
03 - The "A Priori" Thing
04 - Mickey's House
05 - Tempi Romani
06 - Venice Pics (pour A.G.)
07 - Wayne's Garden
08 - Riff Goes Rive Gauche
09 - Attractions
10 - Madre Terra, Madre Perla
11 - Toru's Dream


En concert  :


23 novembre 2007 :
Padoue - Italie
Lee Konitz (saxophone) - Enrico Pieranunzi (piano) - Daniel Humair (batterie) -
Riccardo Del Fra (contrebasse)

23 août 2007 :
Jazoo Project
Festival Angers l'été
Cloître Toussaint
49000 ANGERS

25 juillet 2007 :
Gene DiNovi quartet
Festival de Jazz du Fort Napoléon -
La Seyne sur Mer

Gene DiNovi (piano) - Pat LaBarbera (sax) - Sangoma Everett (batterie) - Riccardo Del Fra (contrebasse)

24 juillet 2007 :
Jazz à Foix ( Ariège)
Gene DiNovi quartet
Gene DiNovi (piano) Pat LaBarbera (sax) - Sangoma Everett (batterie) - Riccardo Del Fra (contrebasse)

22 juillet 2007 :
Flouradenn Duo avec Annie Ebrel (voix) - Riccardo Del Fra (contrebasse et
arrangements)
Abbaye du Relec
29410 PLOUNEOUR-MENEZ

Tél : 02 98 78 05 97

21 juillet 2007 :
Le Sunside - Paris
Pat LaBarbera (sax) - Sangoma Everett (batterie) - Riccardo Del Fra
(contrebasse)

12 juillet 2007 :
Festival de Jazz de Porquerolles -
Fort Ste Agathe

Carte blanche à Riccardo Del Fra
Riccardo Del Fra (contrebasse), Bruno Ruder (piano), Simon Goubert (batterie),
Stephane Belmondo (trompette),
Steve Grossman (sax tenor)

7-8-9 juillet  2007 :
Siene - Italie
International Association of Schools of Jazz Fondazione Siena jazz

12 mai 2007 :
Festival du Mans
RDF en duo avec Enrico Pieranunzi (piano)


5 mai 2007 :
Salon du Livre de Deauville
Concert-lecture avec Alain Gerber, André Villégier (sax), Bruno Ruder (piano)

30 - 31 mars 2007 :
Jazz club Pêle-Mêle- Marseille
Présentation du nouveau CD A Sip Of Your Touch

29 mars 2007:
Comédie de Valence
Création pour Jazoo, Jeanne Added, quatuor à cordes et percussions

11 - 12 mars 2007 :
Sunside Jazz club
11 Mars : RDF trio avec Dave Liebman (sax) et Simon Goubert (drums)
12 Mars : RDF quartet avec Dave Liebman, Simon Goubert, Bruno Ruder (piano)

5 mars 2007 :
Milan
Pièce pour big band

24 février 2007
Valence  
Riccardo Del Fra en concert

12 -13 -14 – 15 - 16 février 2007 :
Toronto – Canada
Masterclass et concerts de RDF

10 février 2007 :
Nanterre - Maison de la Musique (92)
Jazoo Project sextet featuring Kenny Wheeler

26 -27- 28 janvier 2007 :
Paris - Sunside Jazz club
Riccardo Del Fra "Trois, Quatre, Cinq"
invite pour la sortie de l'album A Sip of Your Touch chez Nocturne :
Billy Hart (drums)- Bruno Ruder (piano), le 26
Billy Hart (drums)- Bruno Ruder (piano), Stephane Belmondo (trompette), le 27
Billy Hart (drums)- Bruno Ruder (piano), Rick Margitza (tsax), Stephane Belmondo (trompette), le 28

9 au 13 janvier 2007 :
New York (Etats-Unis)
IAJE (International Association for Jazz Education)
9 janvier :Trumpets Jazz Club - Montclair - New Jersey
Riccardo Del Fra - SOLO - TRIO - SEXTET

Solo Riccardo Del Fra : contrebasse et compositions

Trio : Riccardo Del Fra featuring Hervé Sellin - piano, Billy Hart - drums

Sextet : Trio + Julien Alour - trumpet & flugelhorn, Julien Pontvianne - tenor sax, Kenny Jeanney - alto sax

20 - 21- 22- 23 décembre 2006 :
Rome - Alexanderplatz Jazz club
Rendez-vous : Riccardo De Fra quartet avec
Maurizio Giammarco : sax
Roberto Gatto : drums
Cedric Piromalli : piano


9 décembre 2006 :
Genève - Jazz en Scènes
Jazoo Project quartet

25 novembre 2006 :
Tours - Jazz à Tours
Jazoo Project sextet

24 novembre 2006 :
Les Tritons - Les Lilas (93)
( 01 49 72 83 13)
Jazoo Project quartet

16 octobre 2006 :
20h30 - Cinéma L'Arlequin
76 rue de Rennes, 75006 Paris

v.o. traduction simultanée
Riccardo Del Fra joue en accompagnement du film :

La chronique de Grieshuus
d'Arthur von Gerlach  (1923).
Tél. 01 45 44 28 80 
(en collaboration avec le Goethe Institut - Festival du cinéma allemand)

5 octobre 2006 :
France Culture
Black and Blue - Emission d'Alain Gerber



Disque poétique, traversé de réminiscences, celles d’un jeu de guitare, de chansons country, de jazz, de musique contemporaine, – sans a priori. Des mélodies inspirées par des êtres, des lieux, et des musiques différentes, des émotions, des plaisirs partagés de Rome, (ses temples et ses tempi), à Paris, (sa Tour et ses détours), en passant par Venise et ses « pics » (pictures). Ecriture et improvisation, dit et non-dit, écrit et non-écrit…
« Les roses de toutes les couleurs, pour leur beauté et leur mystère. Les racines pour leur résistance et leurs ramifications. Disque voyage par des routes réelles et des chemins oniriques. Souvenir des premières fois. Le plaisir des premières notes. Ces cordes qui vibrent. Une bande de copains. Pour le plaisir de « jouer » et pour jouer du plaisir. Simplement. Gymnastique des « a priori »; des nôtres et de ceux des autres. Les villes, les gares, les terres et les cieux. Mon pays a bien changé… un hexagone en haut et en bas une botte ».


ROSES & ROOTS, a été enregistré en 2004 avec un invité aussi prestigieux qu’indispensable, le batteur Joey Baron, Riccardo Del Fra (contrebasse), Jean-Luc Landsweerdt (batterie), Bruno Ruder (piano) Sylvain Gontard (trompette et bugle), Sylvain Rifflet (saxophone ténor et clarinettes), Nacim Brahimi (saxophone alto), Jean-Philippe Muvien (guitare), Rémy Dumoulin (saxophone ténor et soprano), François Bonhomme (cor), Vincent Le Quang (saxophone soprano), ainsi qu'un jeune quatuor à cordes (Saori Furukawa : violon, Sophie Magnien : violoncelle, Roland Arnassalon, violon, François Riou, alto).






Jazoo Project : Sylvain Gontard, Jean-Luc Landsweerdt, Sylvain Rifflet, Riccardo Del Fra, Nacim Brahimi, Bruno Ruder



L’amour (et le besoin) du silence

II a écrit au bas de la feuille, comme on livre un mot de passe : « L’amour du silence ». Quand nous nous sommes rencontrés, chacun de nous a tout de suite su de quoi l’autre parlait, même lorsqu’il ne disait rien. Alors nous n’avons jamais senti l’urgence de converser beaucoup.
N’ayant pas eu à nous fournir de gages l’un à l’autre, à échanger nos modes d’emploi, rare occurrence chez des hommes qui se tâtent du bout des antennes, nous n’avons pas eu la tentation de forcer la pudeur. Nous lui avons laissé faire le plus gros du travail à notre place. Le silence contient plus d’amour que de refus ou d’énigme. II contient plus d’amour que de silence : c’est la première leçon. Interroger le silence de l’amour,qui a tant de belles chansons tristes sur le bout de la langue, déclinant à l’infini You Don’t Know What Love Is et But Not For Me… Entrer par le vestibule de mélodies gracieuses dans cette exigeante religion du silence, forcément iconoclaste, que la musique semble dresser contre elle-même… S’apprêter à des cérémonies secrètes, que le public ne veut pas connaître, et à de voluptueux sacrilèges entre des murs nus… Ne briser le silence qu’en dernier ressort, pour ne pas avoir à briser le miroir (ou pour empêcher son reflet de coaguler sur le tain)…Ne rien briser du tout, d’ailleurs, s’insinuer plutôt, comme dans le songe flottant de Toru… Se mêler doucement au silence. Se diluer en lui. Le laisser s’épancher en soi. Et s’attarder le plus longtemps possible à ce fragile équilibre, résister sur ce fil du rasoir, partageant — et cousant ensemble — l’innocence et la suprême initiation… Au bord du silence, il convient, tout en se livrant à des penchements périculeux, de se manier soi-même avec précaution. On affronte le dragon de Carpaccio. Si un musicien maîtrise cette technique, il ne marchera plus nulle part sans prêter l’oreille au bruit de ses pas. II deviendra son propre cortège. Et lui, mon ami, me disait encore, évoquant ses jours avec un trompettiste qui nous est cher : « Aller dans le même sens que lui impliquait un contrôle du silence… II faut apprendre à occuper l’espace sans l’investir.» Deuxième leçon : un amour sans silence est un amour qui n’a pas de parole : on ne peut pas compter, sur lui. II a ajouté quelque chose, une parenthèse : « L’amour (et le besoin) du silence. » Les artistes savent que, étrangement, il est bien plus difficile d’éprouver du besoin que de l’amour. II y faut plus de temps, plus de zèle, plus d’abnégation. Se créer des besoins, en art, n’est pas une mince affaire. Chercher sa vérité contre sa nature… Mais voilà l’ultime clé : l’amour et le besoin : les racines et les roses. Voici l’histoire de cette histoire vraie, racontée ici dans une forme mouvante, capricieuse en apparence, mais surveillée de près et discrètement subtile. Racontée, comme une fiction, par tours et détours, au long d’un itinéraire plein de sentiers qui bifurquent, de chemins qui mènent à Rome ou s’en éloignent, de pas qui courent après la nuit. Au fil d’une odyssée riche en virages, en rivages, en jardins,en échos précieux dans des maisons du milieu de la mémoire,semée d’apparitions lagunaires, de visions parlant comme père et mer la langue des pêcheurs de perles.
Le besoin, donc, fleur de l’amour. D’un libre élan, il s’agit de faire germer une contrainte. Curieux projet ? Ambition farouche, extrêmement ingrate. La musique n’est pas au prix de ce qu’elle s’épargne : elle est au prix de ce qu’elle se refuse. On s’en approche, non par des bonds formidables d’irrépressibles essors, mais par une série d’amputations. On ne saurait à moins la serrer dans ses bras. D’évidence, le silence est une ascèse, c’est-à-dire une privation féconde. II s’agit d’acquérir l’esprit de dénuement. Être dans le besoin du silence, c’est se mettre de sa propre initiative dans le besoin, tout simplement.
Voilà ce qui rend le silence si difficile à fréquenter, voilà ce qui peut le rendre indispensable. Mais il ne sera jamais nécessaire qu’aux poètes. À des jardiniers de l’invisible. À des gens qui savent écouter la mer dans des églises, sur des tableaux ou au fond de leur assiette.
Troisième leçon : ne pas compter sur l’amour pour tomber amoureux du silence. À Venise, on se croisera un jour ou l’autre. On n’aura pas besoin de se saluer, on se sera reconnus de loin. On laissera parler la ville à notre place. On la laissera nous redire, comme chaque fois, qu’elle reste en ce monde la seule ville futuriste, et la seule qui sache, de source sûre, qu’elle va mourir. Elle ne fait que cela depuis des siècles, pour ramener la perle ultime, célébrer au fond des âmes l’amour de la vie. Et le jazz aussi ne fait plus que cela, depuis Storyville, mais ce sont de beaux enfants, Riccardo, qui lui naissent tous les jours. Comme Venise, ils se marieront avec les vagues. Dernière leçon : oublier ses leçons ; devenir immortel de son vivant, au moins une fois.


Alain Gerber
(texte écrit pour le livret de l'album Roses & Roots)






photos © Richard Dumas _____________________________

Nacim Brahimi

Saori Furukawa

Rémy Dumoulin


Jean-Philippe Muvien

Bruno Ruder, Riccardo Del Fra,
Sylvain Rifflet

 



Joey Baron

Sylvain Rifflet et Sylvain Gontard

Bruno Ruder

François Bonhomme et Jean-Luc Landsweerdt

Joey Baron et Riccardo Del Fra